« tous lire » : pourquoi les contes de fées ?

« tous lire » s’appuie sur les contes traditionnels parce qu’ils sont la porte de toutes les bibliothèques. Neil Gaiman, dans le fascicule gracieusement diffusé par les éditions Au diable vauvert, «Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination» (certainement la meilleure contribution au projet « tous lire » que j’ai rapportée de Montreuil…), conclut :

On a un jour demandé à Albert Einstein comment nous pouvions rendre nos enfants plus intelligents. Sa réponse a été à la fois simple et sage. «Si vous voulez que vos enfants soient intelligents, a-t-il dit, lisez-leur des contes de fées. Si vous voulez qu’ils soient plus intelligents, lisez-leur plus de contes de fées.»

Il comprenait la valeur de la lecture, et de l’imagination. J’espère que nous pourrons donner à nos enfants un monde dans lequel on leur fera la lecture, où ils liront, imagineront et comprendront.

« tous lire » n’a pas d’autre ambition que d’y contribuer.

Couverture du recueil "Trois contes"

On remarquera également qu’Albert Einstein dit et répète « lisez-leur », et non « faites-leur lire ». Les versions adaptées, telles que dans Trois contes, se prêtent à la lecture à voix haute (les fins de lignes correspondent à des pauses naturelles, l’intrigue est découpée par pages). Plusieurs associations de lecture et bibliothèques participent au test, nous attendons leur retour avec impatience…

Lire ne doit pas rester un privilège

Je suis heureux que l’un des grands débats de l’année écoulée ait pris le parti de nos amis libraires. J’en suis heureux, mais je n’en suis pas fier. Imposer à leurs concurrents en ligne de facturer les frais de port — une taxe de 0,01€ pour l’envoi d’un paquet de livres – était-elle la priorité la plus susceptible d’attirer un large public dans les librairies ?

Qu’a-t-on fait pour aider les enfants en difficulté d’apprentissage de la lecture ? Qu’a-t-on fait contre l’illettrisme ? Qu’a-t-on fait pour convaincre les non-lecteurs d’ouvrir un livre ?

Pourtant, ces questions concernent respectivement 10, 15 et 33% de la population française. Et encore, ces chiffres ne se rapportent qu’aux cas reconnus comme tels — s’y ajoutent ceux qui n’aiment pas trop lire, ce qui n’ouvrent qu’un livre dans l’année et ne le finissent pas nécessairement…

Pourquoi les délaisser? Tout le monde aime les histoires, et la littérature reste le meilleur facteur d’émerveillement. Et nous le savons bien, nous qui lisons avec facilité: qui a découvert le plaisir de lire n’en démord plus…

Lire ne doit pas rester un privilège. Quitte à penser autrement le livre, quitte à le repenser de fond en comble pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir ou d’aimer lire. Lire ne peut pas rester un privilège.

En tant que lecteur, que parent, qu’auteur et qu’éditeur, ma résolution 2015: que nous puissions tous lire.

Belles lectures à tous. À vraiment tous.

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